A la découverte de la biodiversité, lichen et nature discrète

Dans le cadre de l’élaboration de son Atlas de la Biodiversité Territoriale le SYTEC poursuit son programme d’animations, en hiver.
Après une sortie « A la découverte des traces et des indices » à Leyvaux, au mois de novembre, nous avons organisé une conférence menée par David Happe, un botaniste de la Société botanique du Centre Ouest, « Lichens et nature discrète », au café-librairie, rue du Collège à Saint-Flour, mercredi 13 décembre.

La nature discrète 
Pour David Happe, il existe 3 catégories de nature : celle que l’on voit tout de suite c’est l’environnement visible, celle qui est infiniment petite, cryptique comme la faune du sol, et la nature discrète.

Cette nature est visible, mais nous ne la regardons pas.

« Les branches anguleuses des vieux arbres, hérissées de pâles lichens, s’étendaient et s’entrecroisaient comme de grands bras décharnés sur la tête de nos voyageurs ». En introduction, David Happe avait choisi Georges Sand pour présenter les lichens.

Les lichens sont souvent décrits comme lugubres et tristes. Je vais essayer de vous les faire connaître et peut-être de vous les faire aimer !

La particularité du lichen est d’être un organisme composite fait d’algue ou de cyanobactérie (10%), de champignon (90%), vivant en symbiose. L’algue apporte les nutriments et le champignon l’humidité et la protection, un véritable échange donnant-donnant. L’algue photosynthétise l’énergie azotée, le champignon l’énergie carbonée, la bactérie les acides aminés, tous sont co-dépendants.

A l’origine du sol
« Il est un organisme pionnier. dans la majorité des cas, pas de lichen pas de sol »,
explique David Happe. Les lichens synthétisent des acides lichéniques. Ces acides leur permettent de désagréger la roche permettant ainsi la formation d’un sol. Ils sont les premiers colonisateurs des espaces terrestres après les algues !

Il existe près de 3 000 espèces de lichens en France.
Et ils sont présents partout ! Sur les troncs les branches et les souches des arbres dans la forêt, mais aussi dans les villes, sur les trottoirs, sur les rochers, même sur les tombes et finalement tous les supports où il peut s’installer.
Sur le plan morphologique, il existe 6 types de lichens : les lichens foliacés, crustacés, fruticuleux, lépreux, complexes et gélatineux.

Contrairement à une idée reçue, les lichens ne sont pas des parasites, pas plus que les mousses. Les mousses comme les lichens sont des êtres vivants sans racines, ils absorbent leurs nutriments en recyclant l’air, l’eau de pluie, les déjections d’oiseaux, les cadavres d’insectes morts, les poussières, les toiles d’araignées etc. Les lichens et les mousses constituent également des ressources alimentaires pour divers organismes vivants (mollusques, mammifères…).

Les lichens sont d’excellents indicateurs de la qualité de l’air.

Ils sont très résistants : ils se déshydratent lors des périodes de sècheresse, il suffit simplement qu’ils se réhydratent pour qu’ils puissent retrouver une « vie active » (on parle de reviviscence).

Leur mode de vie les fixe sur un support, ils se nourrissent à partir des apports atmosphériques de poussière et sont ainsi de bons bio-indicateurs.

Des liens pour aller plus loin :
https://blog.defi-ecologique.com/lichens-de-precieux-allies-evaluer-changement-climatique/

et http://permaforet.blogspot.fr/2014/03/les-lichens-une-symbiose-atypique-entre.html

Et David Happe nous recommande
Les guides « fou de nature » aux éditions Belin https://www.belin-editeur.com/guides-des-fous-de-nature

Et un guide sur les teintures naturelles co-écrit par Marie Marquet.
http://www.teinturesnaturelles.fr/ – à Au Café Librairie.

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