C’est l’hiver… aidons les oiseaux au jardin ! Neussargues-en-Pinatelle

Dans le cadre de l’élaboration de son Atlas de la Biodiversité Territoriale, le SYTEC propose tous les mois des animations aux habitants du territoire.

Notre dernier rendez-vous s’est tenu, à Neussargues en Pinatelle, au collège Notre-Dame-des-Oliviers. Au programme, Mathis Vérité de la LPO Auvergne-Rhône-Alpes a donné des conseils, aux vingt personnes présentes, pour aider les oiseaux de nos jardins à traverser la période hivernale.

C’est l’hiver ! Les oiseaux s’adaptent aux rigueurs de l’hiver

Durant cette saison, les oiseaux consacrent la quasi-totalité de la journée à rechercher de la nourriture, notamment pour résister au froid. Leurs besoins énergétiques pour maintenir leur température corporelle augmentent alors que les ressources alimentaires diminuent, jusqu’à devenir rares ou inaccessibles à cause de la neige ou du gel. Les jours sont courts, ce qui leur laisse beaucoup moins de temps pour rechercher leur ration quotidienne.

Les réponses :

  • La migration, depuis les territoires où une espèce se reproduit vers des quartiers d’hiver où elle trouvera de la nourriture en quantité suffisante.
  • Les rassemblements en groupe, plus ou moins importants, pour rechercher plus efficacement la nourriture, faire face aux dangers ou se réchauffer.
  •  La constitution de réserves comme le fait le Geai des chênes en cachant des glands sur son territoire tout au long de l’année pour les consommer pendant l’hiver.
  • L’adaptation du régime alimentaire comme la Mésange charbonnière qui se nourrit de chenilles au printemps, et qui devient exclusivement granivore en hiver.
  • La thermorégulation, les oiseaux qui emmagasinent de la graisse ou encore les plumages qui sont plus fournis.
Rassemblement en groupe de Milans royaux dans leurs dortoirs

Le soutien de l’homme au jardin, les nourrir et les abreuver

L’homme peut intervenir et aider les oiseaux des jardins à passer cette période en installant des mangeoires et des abreuvoirs dans le jardin ou sur le balcon. Quelques conseils pour les soutenir sans commettre d’erreurs.

Que leur donner ?

  • Des mélanges de graines : tournesol noir, cacahuète, amande, noix, noisette et maïs, concassés (non grillés et non salés)
  • Des blocs de graisse végétale simple ou mélangée avec des graines
  • Des fruits rouges ou insectes…Certains oiseaux adoreront vos fruits décomposés ou très abîmés. Surtout pas de reste de repas, ni de pain, trop riches en sel !

Où placer le poste de nourrissage et d’abreuvage ?

Mathis a rappelé les conseils essentiels : placer les postes de nourrissage au centre du jardin, dans un endroit dégagé, éloigné des murs, buissons et branches latérales afin d’éviter l’accès aux prédateurs et les protéger des précipitations.

Le nourrissage des oiseaux en hiver engendre des rassemblements d’oiseaux, parfois conséquents. Nous vous conseillons de disperser les mangeoires, afin d’éviter la propagation de maladies chez les oiseaux : les types de mangeoires sont nombreux (à poser, à suspendre, sur pieds avec système de plateau, de distributeur…), n’hésitez pas à mélanger les genres.

Et ne pas oublier de vérifier l’état de l’abreuvoir tous les jours, surtout en période de gel !

Et pour une hygiène irréprochable, pensez à nettoyer régulièrement les abreuvoirs.

Quand commencer et s’arrêter ?

Vous pouvez commencer le nourrissage aux premières gelées et l’étendre jusqu’au mois de mars, lorsque l’hiver se prolonge. Une fois le nourrissage commencé, il est très important de ne pas l’interrompre jusqu’à l’arrivée des beaux jours. Les oiseaux seraient perturbés par ce changement alors qu’ils se sont peu à peu habitués à un point d’alimentation fixe.

Pensez à réduire petit à petit les rations lorsque le temps se radoucit et que les oiseaux commencent à montrer des signes de territorialité. Il est important de comprendre que ce soutien ne doit durer que pendant l’hiver et plus particulièrement lors de vagues de froid. Il ne doit pas se prolonger au-delà, sous peine de rendre les oiseaux dépendants et vulnérables.

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Les 7 familles !

Ensuite Mathis a proposé aux participants de jouer à un jeu des 7 familles Oiseaux : les Colombidés, les Fringilles, les Paridés, les Prunellidés, les Sittidés, les Sylviidés, les Troglodytidés.

Sauriez-vous citer une ou deux espèces de chacune de ces familles ?  Si ce n’est pas le cas, voici quelques exemples avec une espèce très commune et une espèce plus rare, que l’on peut observer dans l’Est Cantal :

  • Les Columbidés : Tourterelle turque (Streptopelia decaocto ) et Tourterelle des bois (Streptopelia turtur)
  • Les Fringillidés : Pinson des arbres (Fringilla coelebs ) et Pinson du nord (Fringilla montifringilla )
  • Les Prunellidae: Accenteur mouchet (Prunella modularis ) et Accenteur alpin (Prunella collaris )
  • Les Paridae: Mésange charbonnière (Parus major) et Mésange nonette (Periparus ater)
  • Les Sittidae: Sitelle torchepot (Sitta europaea), pas d’autres espèces dans l’Est Cantal de cette famille. Il faut aller en Corse pour découvrir l’endémique Sitelle corse (Sitta whiteheadi)
  • les Sylvidés: Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) et Fauvette grisette (Sylvia communis)
  • Les Troglodytidae le Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes), seul représentant français de cette famille, qui a répartition très large, couvrant la totalité de l’Europe, de l’Afrique du Nord, des deux-tiers nord de l’Asie (jusqu’à l’Himalaya), et du Moyen-Orient (sauf l’Arabie).

A noter que près d’une cinquantaine de familles d’oiseaux peuvent être observées en France. Lors de l’animation beaucoup de connaisseurs autour de la table, pour qui il a été assez facile de remettre chaque oiseau à sa famille !

Un Tichodrome échelette sur le mur du collège !

Nous sommes également sortis dans le parc du collège et nous avons eu la chance d’observer, sur le mur du collège, un oiseau discret le Tichodrome échelette (photo à droite ©S. Heinerich). Cet oiseau de haute-montagne fréquente nos territoires uniquement en hiver, pour rechercher de la nourriture et des conditions plus favorables, que ses falaises d’altitudes habituelles. Il passera alors la saison difficile sur des églises, des barrages, des falaises.

On parle alors d’espèce à migration altitudinale, un déplacement qui peut s’effectuer dans n’importe quelle direction mais qui conduit systématiquement les oiseaux vers des lieux de plus faible altitude.

Nous remercions Nicole Delorme, principale du collège de NEUSSARGUES, pour son accueil dans son établissement.

En savoir plus sur le site de la LPO

Retrouver les informations sur les prochaines animations et découvrez l’Atlas de la Biodiversité Territoriale et ses enquêtes participatives sur le site internet  www.atlas-biodiversite-sytec15.com

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