Dans le monde, en 2017, selon l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), sur les 91 523 espèces étudiées, 25 821 sont classées menacées. Parmi ces espèces, 41% des amphibiens, 13% des oiseaux et 25% des mammifères sont menacés d’extinction au niveau mondial. Ainsi, on considère communément que les espèces disparaissent aujourd’hui entre 100 et 1000 fois plus vite que le rythme naturel d’extinction (en comparaison avant l’époque préindustrielle où l’action de l’Homme demeurait très limitée).

En France, la situation est également très préoccupante. L’abondance des chauve-souris (source ONB) a régressé de 46 % en l’espace de 8 ans (2006/2014). De 1989 à 2015, les oiseaux communs, dits spécialistes (présentant un certain niveau d’exigence de qualité des milieux naturels), ont régressé de 23 %. Naturellement, la biodiversité ne se limite pas à l’entrée « espèces », mais les indicateurs d’état performants reposent pour l’essentiel sur celles-ci.

En Auvergne-Rhône-Alpes, le constat est tout autant préoccupant. Si les menaces sur la biodiversité (invasions biologiques, artificialisation des territoires…) demeurent un peu moins impactantes sur notre région, il semble que nous assistions d’avantage à une érosion « plus silencieuse » de la biodiversité, du fait de l’intensification de certaines pratiques agricoles ou sylvicoles, la dégradation de la qualité des milieux aquatiques… et puis, comme ailleurs, mais aussi en Auvergne, l’effet du changement climatique, qui va intensifier l’érosion de la biodiversité sur nos territoires.

De manière plus fine à l’échelle du Massif-Central, les chiffres sur l’évolution des oiseaux communs ont la même tendance qu’au niveau national. Les listes rouges régionales sur les espèces menacées témoignent également de cette érosion. Près d’une espèce d’oiseau sur deux et une espèce de mousses sur deux sont menacées en Auvergne, une espèce de papillon sur six, 21 % de la flore vasculaire (plantes à fleurs et fougères).

L’intérêt pour le territoire

Pour préserver la biodiversité, encore faut-il la connaître… Or, si la disponibilité des données naturalistes est assez importante dans le Cantal (149 données/km² contre 57 données/km² au niveau national), cette connaissance reste concentrée sur les sites naturels les plus emblématiques (Natura 2000, ZNIEFF, réserves naturelles, zones humides…).

L’avantage de notre démarche d’Atlas de la Biodiversité est de pouvoir tendre vers une amélioration de la connaissance plus précise et plus homogène sur l’ensemble de notre territoire.