Commencer à utiliser le lombricomposteur

  • Choisir un emplacement

Le lombricomposteur peut être placé à l’intérieur ou à l’extérieur de votre foyer, selon l’espace disponible. Privilégier un endroit calme, les vers n’aiment ni le bruit et ni les vibrations. À l’intérieur, il trouvera sa place dans une buanderie, une cage d’escalier, un couloir ou dans votre cuisine. A l’extérieur, il faudra vérifier que les conditions restent appropriées au développement des vers.

  • Température et intempéries recommandés

Les vers de compost travaillent efficacement à des températures allant de 15 à 30°C.

En dessous de 15°C, l’activité biologique des vers diminue et la transformation des déchets ralentit.

En dessous de 5°C, les vers entrent en hibernation et ne transforment plus la matière.

Une température extrême à l’intérieur du lombricomposteur (inférieure à 0° ou supérieure à 30°C) peut être fatale pour les vers. Il vous faudra peut-être déplacer votre lombricomposteur en fonction des conditions climatiques afin d’offrir à vos vers des conditions optimales.

Prudence s’il est placé à l’extérieur : le lombricomposteur ne devra donc pas être exposé directement au soleil. De même, une pluie abondante sur le lombricomposteur risquerait d’augmenter fortement l’humidité et pourrait entraîner la noyade des vers. Pensez donc à abriter ou à couvrir votre lombricomposteur.

  • Aération

Puisque le processus de décomposition nécessite un bon apport d’oxygène, la circulation d’air dans la pièce où est placé le lombricomposteur doit être suffisante.

  • La litière du lombricomposteur

Au départ, pour que les vers soient dans de bonnes conditions et accomplissent efficacement leur travail, il est nécessaire de leur aménager un espace adéquat correspondant à leur milieu de vie : c’est la litière. La litière est également une source de nourriture que les vers vont progressivement transformer en compost. La litière doit être légère pour permettre une bonne aération et doit bien retenir l’humidité indispensable à la survie des vers.

Souvent la litière est fournie avec les vers lors de l’achat.

  • Fabriquer votre propre litière

  • papier journal déchiqueté en petits morceaux. La présence d’encre ne pose pas de problème, les métaux toxiques qu’elle contenait par le passé sont aujourd’hui proscrits. Il faut tout de même éviter le papier glacé ou fortement imprimé.
  • Vous pouvez également y mettre du carton déchiré : boîte à œufs, rouleau de papier toilette, essuie tout, sciure de feuillus sauf le chêne et châtaigner. Vous devez les faire tremper dans l’eau jusqu’à qu’il soit humide comme une éponge essorée (environ 2 cm)
  • une couche de terreau d’environ 4 cm d’épaisseur
  • une poignée de sable, ou de terreau qui en contient. De par leurs propriétés abrasives, les grains de sable favorisent la dégradation des aliments dans le tube digestif du ver.
  • vous pouvez aussi ajouter quelques feuilles mortes

Mélanger pour avoir une litière homogène.

Avant de mettre la litière dans le premier étage du lombricomposteur, placer un morceau de carton ou de papier journal pour recouvrir le fond. Ceci permettra d’éviter que la litière de départ ne tombe dans le bac de récupération des jus.

L’installation des vers

Versez les vers sur la litière humide.

Sensibles aux bruits et aux vibrations, les vers ont été stressés pendant la livraison et doivent s’habituer à leur nouveau logement. Laissez le lombricomposteur sans couvercle pendant une dizaine de minutes afin que les vers s’enfoncent dans la litière.

Attendez une semaine environ avant de mettre les premiers déchets dans le lombricomposteur. Ne vous inquiétez pas, ils ne mourront pas de faim et pourront commencer à dégrader la litière. Une fois ce laps de temps écoulé, vous pouvez commencer à alimenter le lombricomposteur en déchets.

Attention ! Ne pas en mettre trop au départ. C’est une erreur souvent commise par les personnes qui se lancent dans le lombricompostage. Les vers mangent la moitié de leur poids par jour. Si vous avez démarré avec 500 grammes de vers, ne mettez pas plus de 250 grammes de déchets par jour. La population augmentera petit à petit, si bien que vous pourrez augmenter progressivement la quantité de déchets que vous apportez dans le lombricomposteur.

  • Le tapis d’humidification

Le tapis d’humidification est toujours placé sous le couvercle, directement sur les déchets.

Ce tapis a plusieurs fonctions :

  • il permet de garder l’humidité en surface tout en assurant une certaine aération. Les vers auront ainsi l’impression d’être, comme dans la nature, juste en dessous du sol et viendront se nourrir des déchets récemment placés dans le lombricomposteur ;
  • il maintient les vers dans l’obscurité
  • il limite l’accès des moucherons aux déchets frais et leur développement.

Plusieurs matériaux peuvent servir de tapis d’humidification :

  • le carton : il a l’avantage d’être gratuit et disponible facilement. Veillez à ne pas utiliser de cartons imprimés mais plutôt du carton brun, dans lequel vous découperez un morceau correspondant à la taille de votre lombricomposteur. Le carton se dégrade assez rapidement mais il est facile de le remplacer régulièrement ;
  • le papier journal : très facile à se procurer, le papier journal devra être remplacé assez souvent car il se dégrade rapidement ;
  • la fibre de chanvre : souvent constitué d’un mélange de fibre de chanvre et de lin, ce tapis est généralement vendu avec les lombricomposteurs du commerce. Il est également possible d’en acheter auprès des mêmes fournisseurs. Il sera dégradé par les vers en 2 ou 3 mois environ, il faudra donc le remplacer régulièrement ;
  • la toile de jute : ce textile bien aéré a l’avantage d’avoir une durée de vie importante dans un lombricomposteur ;
  • autres textiles : vous pouvez également utiliser un vieux vêtement, un chiffon ou une serpillière.

Veillez simplement à utiliser un textile qui ne contient aucun détergent ou produit de synthèse qui pourrait être nocif pour les vers.

Une fois que le tapis est bien dégradé, vous pouvez l’émietter et le mélanger aux déchets avant de le remplacer. Il servira ainsi d’apport de matières carbonées.

Veillez à ne pas utiliser de matière non biodégradable que les vers pourraient ne pas apprécier.

Quelle alimentation pour ces vers de terre ?

Les vers acceptent une diversité importante de nourriture tant que ce sont des matières biodégradables.

Ils aiment

  • Épluchures de fruits et légumes
  • Fruits et légumes abîmés
  • Feuilles et sachets de thé
  • Marc de café avec le filtre ou dosette en papier
  • Coquilles d’oeufs broyées
  • Céréales, farine, pain
  • Déchets cuits : pâtes, riz, légumes…
  • Fleurs fanées, feuilles de plantes d’intérieur

Ils n’aiment pas

  • Viandes et poissons
  • Produits laitiers
  • Vinaigre/vinaigrette en grande quantité
  • Noyaux (ne se dégradent pas)
  • Plantes malades
  • Litières d’animaux
  • Végétaux provenant de l’extérieur
  • Graines de courges/courgettes

Conseils

Plus les déchets sont petits, plus leur décomposition et leur transformation en compost est rapide.

De manière générale, il n’est pas nécessaire d’attendre que les déchets précédents aient disparus pour en mettre de nouveaux. Les déchets les plus récents vont commencer à être décomposés par les bactéries pendant que les vers se nourrissent des plus anciens et ainsi de suite.

Trucs et astuces

  • En coupant les gros déchets en petits morceaux, vous augmenterez la surface de contact avec les bactéries. Les déchets seront ainsi plus rapidement assimilables par les vers.
  • Le marc de café est un bon structurant, il aide aussi à la digestion des vers car les particules de café servent de meule dans l’estomac des vers.
  • Les coquilles d’œufs : broyées, elles permettront de réguler l’acidité et aideront à la digestion des vers. Les coquilles d’œufs sont plus friables et se broient plus facilement quand elles sont bien sèches. Pour cela, attendre 2 ou 3 jours avant de les broyer.
  • Certains déchets légèrement acides (oignons, ail, agrumes…) peuvent changer l’acidité du milieu et nuire aux vers s’ils sont présents en trop grande quantité. Cette acidité peut être annulée grâce à l’apport de matières calcaires telles que les coquilles d’œufs, la cendre de bois, la craie ou le bicarbonate de sodium. L’idéal est l’utilisation de coquilles d’œufs puisque vous utiliserez un déchet.
  • De plus, la présence de morceaux de coquilles non dissoutes dans le compost est un signe que celui-ci n’est pas acide. Afin d’éviter le phénomène d’acidification, vous pouvez faire sécher vos agrumes quelques jours avant de les introduire dans le lombricomposteur.
  • L’huile, les graisses et les produits huileux sont déconseillés car, en se collant aux vers, ces produits vont empêcher l’air de passer au travers de leur peau et risquent de les asphyxier.
  • Les matières carbonées

Il est important d’ajouter régulièrement des matières carbonées aux déchets organiques.
Elles permettent l’apport du carbone indispensable au développement des bactéries, de réguler l’humidité en absorbant une partie de l’eau libérée par les déchets et fournissent les fibres nécessaires au développement des vers. La quantité de matière carbonée doit représenter 20 à 30% du total de la matière placée dans le lombricomposteur et doit être apportée en petits morceaux (3 ou 4 cm de long).

Vous pouvez utiliser différents types de matière carbonée :

  • papier journal, papier blanc, sachets en papier : les papiers journaux ne contiennent plus de métaux lourds, il ne faut pas craindre une quelconque contamination du lombricomposteur. Préférez tout de même le papier qui ne contient que des encres noires, fabriquées à partir d’huile et de carbone, deux éléments facilement biodégradables ou des encres végétales ;
  • cartons bruns et cartonnettes non imprimés : boîtes d’œufs, rouleaux d’essuie-tout ou de papier toilette…
  • essuie-tout, mouchoirs : ils peuvent également être mis dans le lombricomposteur à condition qu’ils ne soient pas souillés par des matières huileuses, non biodégradables ou de synthèse (détergents, eau de javel…).

Récupération du compost : le lombrithé

Le liquide, aussi appelé « lombrithé », se forme lors de la décomposition des déchets par les bactéries.

Il est tellement riche que vous pouvez diluer un volume de thé dans 10 volumes d’eau avant son utilisation sur les plantes d’intérieures ou d’extérieures, afin d’avoir plus d’engrais.

Dans le thé de compost vous récupérez beaucoup de matières organiques et de macroéléments : Azote Phosphore Potassium Calcium

et des oligoéléments : Magnésium Sodium Fer Bore Molybdène Cuivre Manganèse Cobalt Sélénium Zinc

Changement de plateaux

Les lombricomposteurs, qu’ils soient issus du commerce ou auto fabriqués, sont en général équipés de plusieurs plateaux.

Au début, vous n’en utiliserez qu’un, dans lequel vous placerez la litière et les vers et que vous recouvrirez par le tapis d’humidification et le couvercle. Vous apporterez vos déchets régulièrement (en petite quantité au départ puis en augmentant jusqu’à mettre tous vos déchets organiques), soit au fur et à mesure qu’ils sont produits, soit après stockage.

Second plateau

Une fois le premier plateau plein, c’est-à-dire quand les déchets sont à 2 ou 3 cm sous le bord du plateau, vous pouvez placer le second plateau par-dessus le premier. À chaque fois que vous mettrez un nouveau plateau, il est conseillé de mettre dans le fond un peu du compost déjà transformé. Ceci apportera les bactéries nécessaires pour permettre une décomposition plus rapide des déchets.

Continuez à mettre vos déchets organiques ainsi que des matières carbonées en morceaux comme précédemment.

Récupérez le tapis d’humidification qui trouvera sa place sur le dessus du nouveau plateau. Les plateaux sont troués afin de permettre aux vers de se déplacer de l’un vers l’autre. Ainsi les vers vont progressivement monter dans le plateau supérieur pour se nourrir des déchets frais, tout en continuant à dégrader les déchets les plus anciens.

Troisième plateau

Lorsque le second plateau sera plein, vous pourrez répéter cette opération pour placer le troisième plateau.

Et après ? C’est prêt !

Une fois le troisième plateau plein, il sera temps de récupérer le compost produit dans le premier plateau.

Il faut en général 5 à 6 mois pour remplir les trois plateaux, mais cette durée peut être plus ou moins importante en fonction de la quantité de déchets que vous produisez.

Un compost de qualité et gratuit à la maison

Une fois vide, le plateau pourra être placé sur le dessus du lombricomposteur. C’est le début d’un cycle infini. Vous obtiendrez donc régulièrement un compost de qualité, riche en matière organique et qui sera un excellent fertilisant pour vos plantes d’intérieur et/ou d’extérieur.

Lorsque vous ajouterez un plateau, les déchets de celui du dessous vont continuer à être transformés en compost et le volume diminuera. Vous pouvez, si vous trouvez que le niveau est trop bas, prendre des déchets dans le plateau supérieur et les mettre dans le plateau du dessous. Ceci permettra un contact entre les plateaux, facilitant le déplacement des vers de l’un vers l’autre.

Des lombricomposteurs sont disponibles au Syndicat des Cramades, au prix préférentiel de 62 € TTC.