Atlas de la Biodiversité Territoriale : « Espèces de Gentiane ! » – Saint-Urcize

Dans le cadre de l’élaboration de son Atlas de la Biodiversité Territoriale, le SYTEC a invité le public à explorer une zone de l’Aubrac sur la commune de Saint-Urcize, pour un après-midi d’inventaires naturalistes, à la recherche des « gentianes ».

Les Gentianes : des espèces indicatrices d’une biodiversité de qualité

Accompagnés par Stéphanie Flahaut, animatrice à « Gentiana Lutea », Association Interprofessionnelle de la Gentiane Jaune et de Mehdi Issertes du CPIE Haute Auvergne, la dizaine de participants est partie à leur recherche le long des pistes de ski de fond de la station aubracienne !

Nous avons baissé notre nez et observé aussi de nombreuses autres fleurs :  Millepertuis, Œillet des Chartreux, Centaurée noire, Arnica, Brunelle commune, Prénanthe pourpre, Campanule à feuilles rondes, Caille-lait jaune ou encore, Amourette, Marguerite, et de nombreux papillons et insectes, la Volucelle bourdon (mouche déguisée en bourdon), le Vulcain, la Belle-dame, le Cuivré de la verge d’or des Moirés, des Tabacs d’Espagne, des Zygènes, des Paons du Jour, …  et enfin la Gentiane Jaune !

Cette gentiane fait partie de l’enquête « Fiers de nos prairies » de l’Atlas. Elle est garante d’une qualité écologique du milieu, car elle fait partie d’un cortège floristique de prairies très riches et diversifiées.

La Gentiane jaune, Gentiana Lutea

Stéphanie Flahaut nous a expliqués que cette grande vivace dont on exploite la racine pour son amertume et ses propriétés médicinales, peut vivre 50 à 60 ans et croît à partir de 800 mètres d’altitude sur les pelouses mi-sèches, alpages, et les forêts alpines clairsemées. Elle affectionne particulièrement les prairies en pâturage bovin. Sa reproduction par graine est un peu capricieuse, mais elle se reproduit aussi de façon végétative : le bouturage naturel d’un rhizome qui se scinde en plusieurs plants.  C’est une plante géophyte, qui passe l’hiver au stade de bourgeon souterrain.

Elle est visible en ce moment, et selon les endroits du territoire, soit en fleurs, soit déjà fanée. Nous avons observé de nombreuses rosettes au sol, abîmées par la grêle, sèches, ou mangés par les troupeaux. A cause de la sécheresse, la plupart des pieds de gentiane est déjà en train de faner…

Les autres gentianes de l’Est Cantal

Mehdi Issertes nous a ensuite présentés 3 autres espèces de Gentianes présentes sur l’Est Cantal. Elles font partie de l’Altas de la Biodiversité du SYTEC : la Gentiane pneumonanthe est dans l’enquête Espèces emblématiques, la Gentiane champêtre et la Gentiane croisette sont dans l’enquête Herbiers de nos chemins. Au total, 12 espèces sont présentes sur le Cantal.

A retrouver dans ce document Les Gentianacées

La recherche de la Gentiane pneumonanthe (ou des Marais) fut plus difficile car elle n’est pas encore en fleurs au mois de juillet.

Nous avons trouvé quelques pieds sans fleur et après quelques pas sur la zone humide prospectée… un pied déjà en fleurs ! Magnifique ! Cette espèce de gentiane est très intéressante car elle est la plante hôte du papillon l’Azurée des Mouillères qui dépend d’elle pour son développement.

La Gentiane Jaune : une ressource emblématique du Cantal à préserver

 

Puis petite pause à l’ombre pour que Stéphanie Flahaut nous explique l’action de l’association Gentiana Lutea créée en 2014. Ses objectifs sont de sauvegarder la ressource, développer la filière de façon durable, valoriser la gentiane et ses produits. « Dans un contexte où les pratiques agricoles et les modes d’arrachage évoluent, la gestion durable de cette plante se pose et il est nécessaire de travailler sur l’état et sur le renouvellement de la ressource » explique Stéphanie.

L’association regroupe tous les acteurs de la filière, les propriétaires, les exploitants et les gestionnaires fonciers, les cultivateurs, les exploitants en gentiane, les collecteurs et négociants, les transformateurs.

Elle nous a présenté les bonnes pratiques de production.  La première étape consiste à contacter le propriétaire du terrain et à s’informer sur la réglementation en vigueur ; puis viennent les pratiques de production à proprement parler : le délai de rotation entre deux arrachages, le taux de prélèvement, les dates à respecter, les outils à privilégier et la remise en état de la prairie. Une charte de production durable de la Gentiane est en cours d’élaboration.

Un après-midi passionnant tant pour les observations naturalistes faites tout le long de la randonnée avec Mehdi Issertes du CPIE Haute Auvergne, que sur la découverte de la Gentiane Jaune en tant que ressource emblématique cantalienne et de l’action concrète de l’Association Gentiana Lutea pour la sauvegarder avec Stéphanie Flahaut.

LE SYTEC les remercie pour la qualité de leur intervention, leur disponibilité et le partage de connaissances. Le SYTEC remercie également les participants à ce défi Gentiane, les habitués et les nouveaux !

En savoir plus sur les actions de l’association Gentiana Lutea membre du Comité des Plantes à parfum et aromatiques.

En savoir plus sur le CPIE HAUTE AUVERGNE

Retrouvez les informations sur les prochaines animations et découvrez l’Atlas de la Biodiversité Territoriale sur le site internet

www.atlas-biodiversite-sytec15.com

 

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