Mercredi de la Biodiversité : en hiver, soutenons les oiseaux de nos jardins !

Dans le cadre de l’élaboration de son Atlas de la Biodiversité Territoriale, le SYTEC propose tous les mois des animations aux habitants du territoire. Notre dernier rendez-vous s’est tenu, à Villedieu, pour découvrir avec Mathis Vérité de la LPO Auvergne-Rhône-Alpes les oiseaux des jardins du territoire, leur moyen de s’adapter et de traverser la période hivernale.

Les oiseaux face à l’hiver

Pour faire face aux rigueurs de l’hiver, les oiseaux adoptent différentes stratégies.

  • La migration, depuis les territoires où une espèce se reproduit vers des quartiers d’hiver où elle trouvera de la nourriture en quantité suffisante. Certaines migrations s’effectuent sur de très longues distances, comme celle des Hirondelles rustique qui iront jusqu’en Afrique du sud, tandis que d’autres s’effectuent à plus petite échelle, comme le Pinson du nord qui quitte les forêts scandinaves et russes pour venir passer l’hiver dans le sud de l’Europe.
  • Les rassemblements en groupe plus ou moins important pour rechercher plus efficacement la nourriture, faire face aux dangers ou se réchauffer. C’est par exemple le cas des Étourneaux sansonnets ou des Milans Royaux qui forment des dortoirs pour passer la nuit.
  • La constitution de réserves comme le fait le Geai des chênes en cachant des glands sur son territoire tout au long de l’année pour les consommer pendant l’hiver
  • L’adaptation du régime alimentaire comme la Mésange charbonnière qui se nourrit de chenilles au printemps et qui devient exclusivement granivore en hiver.

Les oiseaux consacrent la quasi-totalité de la journée à rechercher de la nourriture, notamment pour résister au froid. Et cela n’est pas facile ! Leurs besoins énergétiques pour maintenir leur température corporelle augmentent alors que les ressources alimentaires diminuent, jusqu’à devenir rares ou ne sont pas accessibles à cause de la neige ou du gel. De plus, les jours sont courts, ce qui leur laisse beaucoup moins de temps pour rechercher leur ration quotidienne.

Mathis nous a présenté les oiseaux les plus fréquents en hiver sur le territoire : le Rouge-gorge familier, la Fauvette à tête noire, le Merle noir, le Pic epeiche, la Sittelle torchepot, les différents Moineaux (friquet, domestique), les Mésanges, le  Grosbec casse-noyaux, le Verdier d’Europe, le Chardonneret élégant, le Bouvreuil Pivoine, et un oiseau très territorial la Pie-Grièche grise.

Oiseaux des jardins en danger

Localement les oiseaux des jardins sont encore relativement nombreux et ceci grâce au maintien d’une agriculture non intensive et basée sur l’élevage qui permet de préserver les populations d’insectes et la petite faune. Le déclin observé au niveau national est moins marqué en Auvergne mais l’élevage a aussi sa part de responsabilité avec l’utilisation des antiparasitaires et la disparition des prairies naturelles.

Partout en France, où les pratiques agricoles sont intensives et les prairies naturelles disparaissent les oiseaux nicheurs déclinent. L’Alouette des champs, qui nidifie au sol et qui recherche sa nourriture en fouillant la terre est désormais classée “Quasi menacée” et est emblématique de cette diminution des oiseaux associés aux milieux agricoles.

De nombreux passereaux granivores communs, tels que la Linotte mélodieuse, le Bouvreuil pivoine, présentent un déclin marqué de leur population, lié au net recul des jachères et des chaumes hivernales. Les oiseaux nicheurs inféodés aux milieux humides sont également affectés par la dégradation de leurs habitats. Et les rapaces sont particulièrement menacés par l’électrocution sur les lignes à haute-tension et le dérangement de leurs sites de reproduction du fait des activités récréatives.

ZOOM : LA PIE GRIECHE GRISE

C’est un passereau typique des milieux semi-ouverts, présent dans le Cantal et aujourd’hui extrêmement menacé à cause de la disparition des milieux dans lesquels elle évolue et de l’utilisation des pesticides qui détruisent une partie de ses proies, comme les grillons champêtres dont elles raffolent. La particularité de cet oiseau est d’utiliser des « lardoirs » pour stocker ses proies. La Pie Grièche se sert pour cela des épines de buisson ou à défaut des fils barbelés, elle y empale ses proies pour les manger plus tard ou, pour les mâles, les offrir en cadeaux à leur femelle.

Visuel R.RIOLS

Les nourrir pour les soutenir en hiver

Vous pouvez offrir votre aide aux oiseaux en installant des mangeoires et des abreuvoirs dans votre jardin ou sur votre balcon.

Que leur donner ?

Des mélanges de graines, de tournesol, cacahuètes, amandes, noix, noisettes et maïs concassés (non grillées et non salées) du pain de graisse végétale simple, du pain de graisse végétale mélangé avec des graines, fruits rouges ou insectes. Et certains adorent les fruits décomposés ou très abîmés.

Surtout pas de reste de repas ni de pain.

Et nous n’oublions pas de vérifier l’état de l’abreuvoir tous les jours, surtout en période de gel.

Où placer le poste de nourrissage et d’abreuvage ?

Nous vous conseillons de les placer au centre du jardin, dans un endroit dégagé, éloigné des murs, buissons et branches latérales afin d’éviter l’accès aux prédateurs.

Le nourrissage des oiseaux en hiver engendre des rassemblements d’oiseaux, parfois conséquents. Afin d’éviter la propagation de maladies chez les oiseaux, nous vous conseillons de disperser vos mangeoires : les types de mangeoires sont nombreux (à poser, à suspendre, sur pieds avec système de plateau, de distributeur…), n’hésitez pas à mélanger les genres. Et pour une hygiène irréprochable, pensez à nettoyer régulièrement les abreuvoirs.

Quand commencer et s’arrêter ?

Vous pouvez commencer le nourrissage aux premières gelées et l’étendre jusqu’au mois de mars lorsque l’hiver se prolonge.

Une fois le nourrissage commencé, ne l’interrompez pas jusqu’à l’arrivée des beaux jours. Les oiseaux seraient perturbés par ce changement alors qu’ils se sont peu à peu habitués à un point d’alimentation fixe. Pensez à réduire petit à petit les rations lorsque le temps se radoucit et que les oiseaux commencent à montrer des signes de territorialité. Ce soutien ne doit durer que pendant l’hiver et plus particulièrement lors de vagues de froid. Il ne devra pas se prolonger au-delà, sous peine de rendre les oiseaux dépendants.

ZOOM : le Milan Royal

Principalement réparti dans l’ouest de l’Europe, ce rapace est classé “Quasi menacé” au niveau mondial. L’Allemagne, l’Espagne et la France constituant ses bastions historiques. Notre pays porte une responsabilité importante dans sa préservation.

Le Milan royal est sensible aux persécutions et aux empoisonnements par appâts toxiques. Il est victime de l’usage de la Bromadiolone, utilisée pour lutter contre les campagnols dont il se nourrit. D’autre part, il est affecté par les modifications du paysage et par certaines pratiques agricoles, en particulier le développement des grandes cultures et le retournement des prairies, qui réduisent la disponibilité en ressources alimentaires.

La site des Cramades est l’un des plus gros rassemblements hivernal de Milans royaux au niveau mondial. Cette année, 499 Milans royaux ont été dénombrés sur ce site lors du comptage national simultané du week-end du 5-6 janvier.

Visuel : R. RIOLS

Pour fabriquer son mangeoire pour les oiseaux

Mathis a proposé aux personnes présentes et plus particulièrement les enfants de fabriquer leur mangeoire à oiseaux. Très simple !

Pour découvrir le tuto, le télécharger ou l’imprimer c’est ici  Mangeoire pour les oiseaux

Nous remercions la commune de Villedieu pour son accueil, le maire Gérard Salat et les différents élus municipaux pour leur présence à nos côtés.

Participez au comptage des oiseaux des jardins les 26 et 27 janvier 2019 !

Plus d’infos sur le site de la LPO et/ou sur le site Oiseaux des jardins

Retrouver les informations sur les prochaines animations et découvrez l’Atlas de la Biodiversité Territoriale et ses 4 enquêtes participatives sur le site internet

www.atlas-biodiversite-sytec15.com

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